Accueil / Actuaité / RABAH GUESSOUM, P-DG DU GROUPE GICA DANS UNE INTERVIEW AVEC ANIREF VOICE :« NOUS EXPORTERONS DÈS L’ANNÉE 2017 »

 

Dans cet entretien, le P-DG du groupe GICA, qui incarne la dynamique d’une nouvelle génération porteuse de valeurs ajoutées à l’économie du pays, a été on ne peut plus optimiste quant à l’avenir de son groupe et par delà, toute l’activité ciment ô combien essentielle à l’édification de l’économie nationale.

Rabah Guessoum P-DG du Groupe GICAAniref : Le groupe GICA qui n’est plus à présenter, est certainement le leader incontesté dans le domaine de la production du ciment en Algérie, Pouvez-vous nous renseigner davantage sur son volume de production ainsi que sur sa part de marché ?

Guessoum Rabah : Le groupe GICA produit annuellement un volume de 11,5 millions de tonnes de ciment, alors
que le secteur privé produit quant à lui, un volume de 7,5 millions de tonnes. Cette longueur d’avance, nous donne
un avantage par rapport à nos concurrents. Soit une part de 58% du marché national du ciment.

Du fait de votre position de leader, quel est votre rôle en matière de fixation des prix du ciment?

En plus de son rôle économique, le groupe GICA joue aussi le rôle de régulateur du marché. D’ailleurs, les prix appliqués par notre groupe sont inférieurs à raison de 20% par rapport à ceux appliqués par les concurrents. Mais, si vous parlez des prix pratiqués sur le marché informel, je dirai qu’on a inscrit dans notre stratégie, un nouveau système de communication qui vise à nous rapprocher de nos clients, afin de faciliter l’accès à nos ciments et de les faire bénéficier des prix réels appliqués par le groupe GICA.

D’ailleurs, même le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb, l’a souligné dans ses interventions, en évoquant la stabilité des prix durant l’année 2014. Le système de communication que nous avons mis en place pour se rapprocher du client a donné ses fruits.

Le groupe GICA a signé une convention avec les parties concernées, afin de répondre aux besoins du marché du ciment pour les régions du Sud. Où on est-on dans cette démarche commerciale qui vise à combattre les spéculations ?

Comme je l’ai dit précédemment, en plus de son rôle économique, le groupe GICA qui travaille en collaboration avec les walis, assure aussi le service public à travers l’approvisionnement de toutes les wilayas du Sud. Pour satisfaire la demande, on a ouvert des dépôts de ventes dans toutes ces régions, afin d’assurer la disponibilité du produit de manière régulière et au prix réel au même temps.

Peut-on revenir au plan de développement du groupe GICA ?

Nous avons un plan de développement très ambitieux qui s’inspire de ceux des grands groupes de production des ciments. Ces groupes ont trois axes d’activités à savoir la production du ciment comme activité principale, le Béton prêt à l’emploi (BPE) et les agrégats.

Actuellement, GICA détient douze (12) cimenteries et a lancé les travaux d’extension des capacités de production de celles de Ain El Kebira (Sétif) et de Chlef. La production de la cimenterie de Ain El Kebira devrait passer de un (1) million à 3 millions de tonnes de ciment annuellement, alors que celle de Chlef devrait doubler sa production de 2 à 4 millions de tonnes de ciment par an. Donc, d’ici la fin de l’année 2016, on aura une augmentation de production de 4 millions de tonnes de plus à laquelle s’ajoutent les quantités produites par les futures cimenteries d’opérateurs privés. Ainsi, les quantités des importations des ciments estimées entre 3 et 3,5 millions de tonnes annuellement, seront remplacées par le produit national.

Outre ces extensions, nous avons deux nouveaux projets de cimenteries à Bechar – pour une capacité de production
de 1 million de tonnes de ciment par an- et à Sigus (Oum El Bouagui) d’une capacité de 2 millions de tonnes de ciment par an. L’entrée en production de ces usines est prévue pour fin 2017.

Donc, le groupe GICA va porter sa production de ciment à 18,5 millions de tonnes à fin 2017 contre 11,5 millions de tonnes actuellement, soit une augmentation de 38%. Ainsi, le marché national du ciment sera mature, et il n’y aura plus d’importation. Notre vision s’orientera alors vers le positionnement de nos produits sur le marché international.
Le groupe GICA a inscrit également dans son plan de développement la diversification de ses produits afin de répondre aux besoins du marché national.

Qu’en est-il des projets de partenariat avec le secteur privé/public ou avec des étrangers ?

Suite aux orientations du ministre de l’Industrie et des Mines, nous avons engagé un premier projet de partenariat avec Cosider. Le protocole d’accord a été finalisé et sera signé prochainement. Il porte sur la satisfaction des besoins de ce groupe public en matière d’agrégats et de Béton prêt à l’emploi.

Cosider est le premier consommateur de Béton prêt à l’emploi et d’autres matériaux de construction et GICA a tout à gagner avec ce leader du BTPH. Ce partenariat nous permettra de développer les produits de Béton prêt à l’emploi et de granulat et de parvenir à assurer l’approvisionnement du marché national.

Le deuxième partenariat sera conclu avec le Groupe Industriel du Papier et de la Cellulose (GIPEC), spécialisé dans la production des sacs en papier. Notre Groupe entrera à hauteur de 40% dans le capital de GIPEC, ce qui permettra à ce dernier de développer ses investissements, afin de pouvoir nous approvisionner de sacs de ciment de qualité et conformes aux standards internationaux. C’est un partenariat « gagnant-gagnant » entre deux entreprises publiques.

Un troisième protocole d’accord sera signé entre GICA, la Fonderie de Tiaret et l’entreprise espagnole Estanda, leader mondial dans la fabrication notamment d´aciers à haute performance destinés aux processus de concassage, de broyage, de mélange et de trituration de matériaux pour les secteurs du ciment et des mines. Si on arrive à conclure ce partenariat, on n’importera plus de boulets et de pièces de rechange de fonderie.

Quelle sera la part des exportations dans la production du Groupe GICA?

Le marché deviendra mature à partir de la fin de l’année 2016. Avec la production supplémentaire des deux secteurs public et privé, le marché national enregistrera un excédent de ciment.

A cet effet, une feuille de route a été tracée par le ministre de l’Industrie et des Mines pour l’attribution de trois concessions portuaires ciblées et les dossiers ont été déjà déposés. GICA se prépare pour placer ses produits sur le marché international à partir de l’année 2017 et est à la recherche de partenaires pour la création d’une société de trading.

Le rôle de cette société de trading, sera de prendre en charge d’éventuels déficits en ciment. S’il y aura un excédent, c’est cette société qui s’occupera de la commercialisation des excédents sur le marché international.

Le marché informel est une réalité. Le groupe GICA est-il touché à l’instar d’autres secteurs ?

Bien sûr que le marché informel nous pénalise. Mais, afin de combattre ce fléau, on fait tout pour faciliter l’accès aux utilisateurs finaux de nos produits.

En ce qui concerne les projets de l’Etat, nous avons instauré un système de communication qui permettra de combattre ce marché parallèle, et ce, en répondant aux besoins exprimés par ces grands chantiers, dont le secteur du bâtiment. Je rappelle que la part de marché de l’informel a baissé de manière considérable en 2014.

La chute des prix du pétrole s’est répercutée sur bons nombres d’entreprises, qu’en t-il pour le groupe GICA ?

C’est evident qu’on soit touché par les conséquences de manière directe ou indirecte. Une citation de Darwin dit que «l’espèce qui a plus de chance de survie, n’est pas la plus intelligente, ni la plus forte mais, celle qui s’adapte à son environnement ». Donc, nous, on s’adapte avec notre environnement. Malgré la chute des cours du pétrole, le groupe GICA restera toujours leader sur le marché national. Nous n’avons pas perdu, mais au contraire, on est en train de gagner d’autres marchés, parce que nous avons changé notre façon de faire.

Le marketing et la communication, étaient le parent pauvre du groupe GICA mais maintenant, nous sommes ouverts à notre environnement, et c’est ce qui nous a permis de gagner d’autres parts de marchés.

GICA se contentait, auparavant, de répondre aux besoins des projets de l’Etat mais actuellement nous facilitons l’approvisionnement de nos produits au secteur privé en l’accompagnant dans la réalisation de ses projets.

Question de transparence : Peut-on avoir le chiffre d’affaires de l’année 2014 ?

Le chiffre d’affaire de l’année 2014 a enregistré une augmentation de 14% par rapport à l’année 2013. Cette évolution s’explique par la hausse des prix de ventes de ciment. La demande du marché du ciment a connu une croissance de 2% par rapport à l’année 2013.

Au plan de la formation des ressources humaines et politique de promotion, que fait GICA ?

Nous sommes conscients de l’importance de la formation de la ressource humaine, créatrice de la valeur ajoutée dans tous les secteurs. Le Groupe compte parmi ses filiales un centre de formation de l’industrie du ciment (CFIC), situé à Gué de Constantine (Alger).

Son rôle est d’assurer des formations de qualité dans diffé- rentes spécialités pour l’ensemble des travailleurs du groupe GICA afin de développer la compétitivité dans nos entreprises.

Notre vision est de travailler en réseau et de partager l’information pour avancer et mieux faire.

Quant à la politique des promotions, nous privilégions toujours les éléments internes qui présentent des compétences reconnues et lorsque nous n’avons pas les profils que nous recherchons, nous faisons appel au recrutement externe. D’ailleurs, nos résultats de l’année 2014 sont meilleurs que l’année 2013 et ce, grâce à la politique de rajeunissement du personnel et de promotion interne. Je peux avancer aussi que les résultats de l’année 2015 seront meilleurs que l’année 2014, sauf en cas de force majeure.

L’utilisation des TIC est devenue une nécessité pour le développement des entreprises au jour d’aujourd’hui. Où on est-on dans ce domaine au niveau du groupe GICA?

Nous avons un projet très ambitieux en termes d’utilisation des TIC. Nous sommes dans la phase de la mise en place d’un système de gestion intégré ( ERP). Les conventions sont signées et nous allons le développer avec notre partenaire, le Centre des techniques de l’information et de la communication (CETIC).

Ce système est déjà opérationnel sur notre site de Meftah et sera généralisé au niveau du groupe GICA. Il permet de partager l’information au temps réel à fin de prendre les bonnes décisions au moment opportun.

Un dernier mot pour conclure?

Notre souci est de s’inscrire dans la politique générale du gouvernement à travers la contribution d’une manière significative à la réduction de la facture des importations. Notre objectif est également d’introduire des procédés pour l’obtention de produits de qualité en adéquation avec un environnement respecté.